20 novembre 2015

Comment semer des glands de chênes + un texte inspirant de Robert Poupart, un semeur d'arbres

Pour la première fois cet automne, j'ai semé des glands de chênes (Quercus) trouvés dans le parc régional des îles, site fabuleux situé près de notre maison. C'est à la fin de l'été que je les ai dénichés au sol encore verts portant leurs cupules, cette partie qui leur fait comme un petit chapeau. Avec le séchage, il ont pris des teintes brun et beige tandis que leurs cupules se sont détachées.

En façade du bureau de poste du quartier, il y a un chêne fastigié. Il y a quelques semaines, j'y ai surpris un gland encore attaché. Je l'ai glissé dans mon manteau pour tenter d'en tirer un grand arbre majestueux à admirer quand j'aurais la tête bien blanche.

 Ce gland est allongé à la manière de la posture colonnaire de l'arbre d'où il provient.
Puis, j'ai cherché sur internet comment éveiller ces fruits. Le Jardin botanique de Montréal explique comment stratifier les glands de chênes afin qu'ils germent. La stratification consiste à reproduire les conditions naturelles dans lesquelles se trouvent les glands à l'extérieur : elles connaissent le froid et l'humidité qui ramollissent leur enveloppe et enclenchent ainsi la germination. On met donc les glands dans du sable humide, puis on glisse le tout dans un sac de plastique qu'on place au réfrigérateur (4 degrés). Au printemps, les glands qui ont germé sont plantés à l'extérieur. 

On propose également de les semer à l'extérieur dans des pots. C'est la méthode que j'ai d'abord expérimenté. Avant de les semer, on recommande de les faire tremper 30 minutes dans l'eau chaude à 49 degrés. Cela permet d'éliminer les vers dans les glands. Ensuite, j'ai semé un gland par pot, les couchant juste sous la surface du terreau. J'ai finalement disposé les pots sur un plateau que j'ai recouvert de grillage pour dissuader les petits rongeurs de ma cour de venir les grignoter *(connaître mon avis sur cette méthode en fin d'article).




Depuis 2 ans, je collabore avec Robert Poupart sur un projet de pépinière de chênes. Ce professeur retraité, impliqué dans la région entre autres dans l'organisme Crivert, anime des classes primaires sur le semis de chênes. Puis, avec des bénévoles et les élèves, nous plantons ces bébés au printemps dans la pépinière Frédéric-Back située dans la cour d'école St-André. Deux à trois ans passeront avant que ces jeunes chênes soient transplantés dans le parc des îles par des jeunes, si possible, les mêmes qui auront vu les premières feuilles émerger des glands.

Pépinière Frédéric-Back sous l'ombre des arbres d'une cour d'école.
J'ai donc demandé à Robert de me décrire sa procédure question de voir les variantes avec celle proposée par le JBM, de pouvoir l'essayer également et de vous la partager. C'est ce qu'il a fait en personne apportant pour la démonstration un grand pot de yogourt rempli de glands de chênes et noix de caryers. Alors qu'il remplissait le pot d'eau puis éliminait sous mes yeux les glands qui flottaient (vous saurez pourquoi en lisant plus bas), Robert m'expliquait qu'il aimait bien conter aux jeunes qu'avant la colonisation, un écureuil  pouvait voyager de Montréal à New York d'arbre en arbre sans jamais toucher le sol!
Robert Poupart animant la classe qui s'apprête à planter leurs chênes dans la pépinière.
Après avoir trié et égoutté les noix, Robert m'a fait don du pot et m'a indiqué de le mettre au réfrigérateur. Le reste du rituel est simple et je vous enjoigne de lire son texte aussi poétique qu'instructif pour vous aussi semer en famille ou en classe une relève de beaux chênes.

Savez-vous planter des chênes?
par Robert Poupart
Voilà une phrase qui ressemble à la comptine que nos enfants ont déjà chantée : savez-vous planter les choux, à la mode, à la mode, à la mode de chez nous? Depuis plusieurs années des élèves du Suroît sèment des glands de chêne. Cette année ce sont des enfants de l'école Notre-Dame de la Paix, de l'école Langlois et de l'école Marie-Rose et du Collège Bourget qui ont fait cette activité. C'est un projet «Un arbre, une vie» initié voilà plusieurs années dans la région des Bois-Francs par M. Yvon Camirand, un enseignant maintenant à la retraire. Il en fait la promotion auprès des écoles vertes Bruntland.
Avant de planter, il faut récolter. Alors en septembre et octobre en concurrence avec les écureuils, il faut ramasser les glands, les trier, car certains sont grugés par des vers. La technique utilisée est la variation de densité. On les trempe dans l'eau : tous ceux qui remontent sont à rejeter.

Ces vers gigotaient au fond du pot! Ils n'ont pas aimé la baignade. Cela démontre que le trempage fait soit sortir les vers indésirables ou les tue.
Ensuite, on suit les mêmes cheminements que dans la nature, mais en beaucoup moins excessifs. Les glands triés sont déposés au réfrigérateur, ils y passent 3 mois ce qui doit correspondre à un hiver pas très rigoureux, c'est la période de dormance. Puis, lors de l'équivalent du dégel, on les met 15 jours dans l'eau. Les glands absorbent de l'eau, gonflent, les téguments éclatent, c'est la stratification. À la mi-février, les glands sont prêts à être semés.

Chaque classe reçoit alors de l'information adaptée à son niveau sur les arbres, leurs rôles, la germination, leur importance. Puis pendant quelques minutes, on fait imaginer aux enfants comment était notre région à l'arrivée de leurs ancêtres: les grands arbres qui cachaient la voûte du ciel (pins, érables, chênes...). Ensuite, le travail de défrichage pour cultiver la terre, l'industrie de la potasse avec les cendres, le transport des radeaux de troncs conduits par les cageux sur le St-Laurent vers Montréal et Québec pour les chantiers navals. Et maintenant qu'en est-il de cette majestueuse forêt qui recouvrait toute la Montérégie? Il en reste les monts Saint-Bruno, Saint-Hilaire, Rigaud et des confettis dans la plaine. On a oublié de replanter les arbres! Il faut compenser cet oubli, c'est ce que nous faisons. Voici la technique.

Chaque enfant remplit de terreau une bouteille d'eau de 500 ml coupée dans sa partie supérieure et dont le fond a été percé. Il place le gland dessus et il identifie sa bouteille. Les bouteilles sont rangées à l'obscurité comme dans la nature où la germination se produit sous les feuilles mortes.

Début mars, surprise! Une tigelle sortira de chaque gland avec deux petites feuilles. Ce sera le moment d'installer nos plantations dans la classe. Pas de soleil direct comme dans le sous-bois, nos bébés sont fragiles.

Chaque enfant aura alors le plaisir de voir pousser son petit chêne, il faudra l'arroser de tempes en temps, il apprécie beaucoup l'équivalent de la rosée du matin soit quelques coups de vaporisateur sur ses feuilles qui sont d'un vert tendre. Le temps passera, la petite plante se nourrira des réserves des cotylédons, on verra son système radiculaire se développer et occuper toute la bouteille pour puiser ses ressources dans le terreau.

En juin, on fera la transplantation. Il faudra lui trouver un endroit favorable dans le jardin, dans une haie, à l'ombre et dans un endroit assez humide. Alors si les conditions sont favorables (pas de sécheresse, loin de la tondeuse à gazon et des dents d'un cerf ou d'un lapin) notre petit arbre deviendra grand. Peut-être que quelques-uns deviendront aussi gros que ceux que les cageux dirigeaient dans les rapides devant Saint-Timothée vers Québec. Ce sera dans 350 ans!
Cageux ( Raftmans) sur le Fleuve St-Laurent. Année inconnue.


* Finalement, mes semis extérieurs n'ont pas levé: la terre était trop humide? Au printemps, attendant de voir s'ils allaient finir par germer, les écureuils ont achevé l'expérience en trouvant une façon de toucher mon grillage! Le semis à l'intérieur a un taux de réussite plus que satisfaisant. Vaut mieux procéder ainsi.

Tiens, ça m'intéresse!

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