lundi 26 septembre 2016

Comment être un jardinier riche... en plantes!

Quelle est la méthode secrète d'un jardin fourni en annuelles l'été tout en évitant de dépenser une fortune pour l'achat de ces plantes? Le bouturage!

Taro (Colocasia esculanta) avec ses belles feuilles violettes veinées de vert. Une fidèle amie qui passe l'été au chaud et profite de l'été dehors.
Une voisine me demande à chaque fin d'été si je vais rentrer TOUTES les plantes qu'elles voient en pots, en bacs, en balconnières sur notre terrain: je vois bien qu'elle paniquerait à l'idée de le faire! Je lui réponds que je les rentre presque toutes (elle panique). En effet, je tente d'hiberner le maximum d'annuelles afin de les réutiliser le printemps prochain. J'aimerais rentrer la population entière, mais il me faudrait une serre!
Dans les nouveaux bacs de patio réalisés par mon homme Louis,  j'ai usé de ruse pour dépenser le moins possible. J'ai divisé des plantes que j'avais: fougères tropicales, oxalis triangulaire (en pourpre), taro et papyrus, j'ai transplanté des cosmos qui s'étaient ressemés et j'ai semé des haricots grimpants. Seul achat, un coup de coeur pour une petite graminée qui aime se développer en longueur (lorsque ses tiges se couchent sur la terre, elle y fait aussitôt des racines). Elle s'appelle Stenotaphrum secundatum 'Variegatum'  et on la voit en premier plan.
Je rentre donc les plants complets préférés comme le romarin pour parfumer les plats mijotés, l'héliotrope pour ses fleurs vanillées, la géante aloès, mon papyrus qui survit à tout, etc. Malheureusement, je dois souvent réduire la grosseur de la motte de racines ou ne prendre que les plus petits plants. Je l'avoue, c'est une tâche qui m'exaspère.

Pour trouver un équilibre entre le plaisir de conserver des plantes annuelles et le besoin satisfaisant d'économiser, la solution est donc de prélever des bouts tendres de ces fidèles plantes, de les empoter, puis d'en prendre soin à l'intérieur. C'est ce qu'on appelle le bouturage.

Avec cette technique, non seulement le problème de rentrer toutes les plantes joufflues est partiellement résolu, mais j'ai aussi constaté que plusieurs d'entres elles survivaient mieux au choc: protégées dans leur cocon de plastique, les boutures s'inventent des racines à l'abri des courants d'air. Les grosses plantes, elles, souffrent plus ou moins du changement de climat et perdent évidemment quelques feuilles dans la maison.
Plectranthe en jaune (Plectranthus ciliatus 'Troys Gold') et coléus en violet.
Je bouture donc j'économise
Voici donc 5 plantes que j'ai bouturé en un clin d'oeil et que possédez probablement, si ce n'est pas votre voisin. Au printemps suivant, si vos plants ont bien profité, vous pourrez à nouveau faire des boutures à partir de ces plantes et ainsi obtenir des belles annuelles pour vraiment pas cher!

- Coléus
- Verveine citronnelle
- Plectranthe ciliée
- Tradescantia pallida 'Purpurea'

Verveine citronnelle (Aloysia triphylla), une herbe incontournable au jardin.
+ d'astuces pour éviter l'achat d'annuelles année après année:
  • Vérifiez si vos voisins jettent leur annuelles: récupérez géraniums, dahlias, cannas, et caetera!
  • Certaines annuelles dans vos potées fleuries sont vivaces. La gaura (Gaura lindheimeri) est une vivace dans ma zone de rusticité 5b et survit protégée dans la plate-bande. Certaines retombantes et lierres sont vivaces comme le lysimaque (Lysimacchia nummularia).  Déménagez-les en pleine terre, protégez-les de feuilles mortes, puis retrouvez-les au printemps pour composer vos potées d'annuelles.
  • Dans le même style, osez recourir aux services des vivaces bien implantées au jardin pour créer vos potées fleuries. Mini hosta au feuillage panaché, aster pour un feu d'artifice de fin d'été, origan doré, oeillet... La limite c'est vous qui l'imposez!
  • Laissez-les se ressemer. Cosmos, verveine de Buenos Aires et coquelicot sont parmi celles que je laisse se ressemer dans le jardin. On peut les laisser échapper leurs graines à l'endroit de croissance ou les disperser aux endroits désirés.
    Verveine de Buenos Aires. Légèreté et pollinisateurs contentés assurés.
  • Conservez vos rhizomes de cannas, vos tubercules de bégonias tubéreux et de dahlias. Cliquez sur celui qui vous intéresse pour connaître la marche à suivre.
  • Récoltez les semences. Simple comme bonjour avec les capucines et les calendulas. On recueille les graines lorsqu'elles sont brunes et sèches, on les met dans des enveloppes ou des pots bien identifiés (nom et année de récolte), puis on garde au frais et à l'abri de la lumière.
    Graines de calendula prêtes à être récoltées.
    Capucines comme des mandarines.

dimanche 18 septembre 2016

C'est la Disco soupe!

Disco soupe? Mais qu'est-ce que ça veut dire?

Il y a quelques semaines, ma recherche ma fait atterrir sur le site français dédié à la promotion d'une activité (discosoupe.org) qui m'a tout de suite plu: récupérer des légumes, fruits et fines herbes frais ou amochés, mais encore bons, rassembler des amis, des citoyens, des voisins pour éplucher, couper et cuisiner ces aliments en une soupe qui sera partagée entre tous. Sympa comme idée, hein?

L'idée a également plu à des amies et des collaboratrices et c'est ainsi que nous organisons la première Disco soupe de la région! Nous sommes 3 partenaires à allier nos forces et énergies pour créer cet évènement qui se veut aussi une sorte de fête des récoltes: Pour un réseau actif dans nos quartiers (PRAQ), le Carrefour jeunesse-emploi de Beauharnois-Salaberry (CJE) ainsi que les Incroyables comestibles du Suroît (ICS). La Disco soupe aura lieu le 22 septembre 2016 au 71, rue Dufferin à Salaberry-de-Valleyfield de 16h à 18h.
La ruelle verte des Tisserands et ses offrandes comestibles.
Les sources des rescapés comestibles seront variées: fines herbes (livèche, sarriette) de la ruelle verte des Tisserands où nous serons installés, légumes et fruits des jardins libre-service des ICS (choux frisés, haricots, etc.) et provenant également du jardin entretenu par des jeunes du CJE (tomates, oignons, etc.) Nous voulons démontrer qu'il est possible de cuisiner avec ces légumes, fruits et fines herbes qui autrement seraient peu ou pas valorisés.
Photo par Condesign (Pixabay)

 Que retrouverez-vous à cet événement?

- une ambiance festive avec de la musique, des activités pour les jeunes
- une démonstration de confection d'herbes salées, par Martine la Girouette
- une démonstration de jardinage avec les épluchures pour monter une plate-bande en lasagne, par l'auteure du blogue ici présent
- des surplus de légumes bio à donner (si vous en avez dans votre jardin, venez faire un don!)
- des tasses dans lesquelles manger votre souper (on veut être zéro déchet!) avec des croûtons maison (on récupère le pain pour les faire)
- don de surplus de soupe: ayez votre contenant de plastique pour en rapporter

Au plaisir de vous voir ce jeudi!

+ L'évènement sur Facebook
+ Des infos sur notre ici.
+ 10 astuces pour cuisiner sans gaspiller

samedi 10 septembre 2016

Le mystère des tournesols qui suivent le soleil

Au matin, lorsque le soleil se lève à l'est la fleur du jeune tournesol le salue. Durant le jour, la fleur continuera à suivre la course de l'astre jusqu'à ce qu'il glisse à l'ouest. Pendant la nuit, la fleur retournera à sa position à l'est, prête à accueillir  de nouveau le soleil au matin.

Fascinant n'est-ce pas?

La mobilité chez les plantes a quelque chose d'étrange pour nous qui nous les voyons souvent comme peu animés, leur croissance n'étant pas visible instantanément à nos yeux ou leur déplacement dans l'environnement semblant improbable (vraiment? Connaissez-vous l'arbre qui marche? Socreatea exorrhiza peut se déplacer de l'endroit où il a germé!)
Jasmine Kabuya Racine et l'arbre qui marche (Socreatea exorhirza) dans la fôrêt du Costa Rica (2005). Photo par Violaine Tétreault.
Le tournesol est bien connu de la communauté scientifiques et du monde commun : vous avez peut-être vu vous-même un champ de tournesols avec leurs têtes fleuries toutes pointées dans la même direction. Quelques études sur la plante suggèrent que la cause soit que l'un des côtés de la tige croit plus vite que l'autre.

Tournesols au jardin. par Jasmine Kabuya Racine.
Mais pourquoi le font-ils? C'est la question que s'est posé la chercheuse américaine, Stacey Harmer (mon billet est inspiré de l'article publié dans The Atlantic).

Durant sa recherche, l'équipe de Stacey Harmer a attaché fermement la plante à un tuteur ou tournait la plante en pot la nuit de façon à ce qu'elle se retrouve positionnée autrement qu'à l'est le matin venu.

Les plantes ainsi traitées avaient 10% moins de masse et de surface foliaire que les tournesols libres de tourner. Cela suggère que le mouvement de la plante favorise considérablement sa croissance.
Dans le ciel d'été, la fleur du soleil. Photo par Annie Vallières.
Autre explication intéressante soulevée par l'équipe de scientifiques est que la position à l'est au lever du soleil augmente le nombre de visites des abeilles le matin, jusqu'à 5 fois plus que les fleurs  positionnées à l'ouest. La fleur absorbe plus de chaleur lorsqu'elle fait face au soleil ce qui en fait un attrait pour les insectes pollinisateurs. Maintenant, l'équipe évalue si les visites matinales des abeilles augmente le chance de reproduction chez le tournesol.

Ces découvertes font doublé mon admiration pour la plante!

Gens de mon coin, venez admirer les tournesols géants du sentier Gisèle-Guérin-Rémillard. Leurs statures et leurs têtes gigantesques vous émerveilleront!
Énormes têtes de tournesols alourdies par leur propre poids. Photo par Jasmine Kabuya Racine.
Une famille de tournesols veille sur le sentier comestible. Photo par Annie Vallières.

mardi 16 août 2016

Il (a) fait chaud, parlons déo

Il y a un réel plaisir et une fierté énorme à retirer de la confection de nos produits cosmétiques. D'abord, on s'amuse, souvent on économise et parfois ben, c'est meilleur pour notre santé (à consulter 12 ingrédients à éviter dans les produits de beauté). Sans m'aventurer dans le débat sur les possibles effets néfastes de la présence d'aluminium contenu dans les déodorants commerciaux, j'ai une nette préférence pour l'utilisation d'un déodorant naturel dont je connais les substances. Bon, maintenant vous le savez !
Déodorant naturel. Photo par Jasmine Kabuya Racine.
Et depuis plus d'un an, je le fabrique selon une recette que je veux vous partager parce que je la considère épatante, facile à faire et efficace. Même lors des journées chaudes ce déodorant naturel demeure leur meilleur allié des aisselles. Bien sûr, il m'est arrivé à l'occasion d'en ajouter une seconde fois dans la journée après du sport ou durant la canicule. Autrement, au quotidien les odeurs moins plaisantes sont très bien camouflés par ce déodorant.

Mais la réelle raison pourquoi j'en parle sur mon blogue, c'est parce que j'y ajoute en bonne quantité une plante de mon jardin. Une plante à la croissance généreuse, qui aime le soleil ainsi qu'un sol ordinaire et dont les usages non-culinaires sont parfois moins connus. Une plante que vous possédez probablement.

Il s'agit de la sauge officinale (Salvia officinalis). Les photos précédentes vous donnaient des indices!
La sauge en fleur est magnifique et attire les pollinisateurs.
Personnellement, je trouve que l'ajout de sauge rend le déodorant plus efficace et retarde l'apparition des mauvaises odeurs, surtout si notre déodorant ne contient pas d'huiles essentielles. Ses propriétés désinfectante, antisudorale et cicatrisante sont vraiment intéressantes à exploiter sous nos aisselles.
Sauge officinale.

Déodorant naturel je-le-fais-moi-même

Donne deux déodorants, un de format régulier + un petit format ou un grand pot

Ingrédients
  • 2 cuillères à soupe de beurre de karité
  • 2 c. à s. d'huile de noix de coco
  • 1 à 2 c. à s. de cire d'abeille (selon la saison: l'été, il est nécessaire d'en mettre un peu plus que l'hiver, car la température ambiante ramollit ou durcit le déodorant)
  • 1/4 de tasse de bicarbonate de soude
  • 2 c.s. de fécule de maïs
  • Facultatif*: 20 à 40 gouttes d'huile essentielle comme: lemongrass (antiseptique, une de mes favorites), géranium (régénérant cutané, cicatrisant, antibactérien), lavande (calmant, anti-inflammatoire, cicatrisant, régénérant cellulaire), tea tree (antibactérien, antifongique, antiseptique), sauge sclarée (traite la transpiration excessive).
  • une poignée de feuilles de sauge fraîche
Démarche
- Faire fondre au bain-marie le beurre de karaté, l'huile de noix de coco et la cire. 
- Ajouter les feuilles de sauge et mettre de côté le mélange. Laisser reposer plusieurs heures ou toute la nuit.
- Ensuite, refaire fondre le mélange. Quand c'est redevenu liquide, filtrer le mélange afin de le séparer des feuilles. Les presser d'un ustensile pour extirper le maximum du liquide.
- Ajouter le bicarbonate de soude, la fécule de maïs et les huiles essentielles si désiré. Bien mélanger.
- Déposer dans le contenant désiré. Si ce dernier est en plastique, attendre que le mélange refroidisse avant de verser.

Pour ma part, je préfère maintenant mettre le tout dans un large pot et j'applique le déodorant avec des doigts propres, comme une crème. J'avais trop de perte quand le je mettais dans un tube récupéré.

Important : si le déodorant irrite la peau, cessez son utilisation.

+ Pour découvrir d'autres recettes de produits cosmétiques à confectionner soi-même:



*NOTE: assurez-vous que les huiles essentielles proposées sont sans effets négatifs pour votre santé. Les huiles essentielles nommées dans mon billet sont référées à des articles vous indiquant les propriétés et les contre-indications.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...
L'auteur de ce site écrit pour son plaisir avec toute la rigueur possible. Dans ce sens, elle ne saurait prétendre que ses conseils sont les meilleurs. Notez donc que l'auteur n'est donc pas responsable des résultats négatifs suite à des conseils offerts ici.

Enter your email address:

Delivered by FeedBurner