Rentrer les plantes frileuses + Entrevue avec Thomas Asselin, propriétaire de MicroDrips

Vous sentez l'air du matin qui se fait plus frais? Vous avez remarqué les étoiles violettes des asters qui amorcent leur floraison? Ça y est, la saison estivale va céder son autorité à l'automne. Cela signifie aussi que sous peu, les plantes tropicales du jardin devront faire leur retour à l'intérieur. Voici quelques petites astuces pour faire cette tâche (pas toujours rigolote!) sans trop de tracas.
Dahlia. J'ai récupéré le tubercule l'automne passé, mes voisins allaient les jeter.

D'abord, quand doit-on rentrer les plantes frileuses?
Le carnet du jardin botanique indique que dès que les températures nocturnes descendent sour les 12°C, on doit effectuer le retour des plantes sous notre toit.

Doit-on absolument appliquer un savon insecticide à nos plantes avant de les rentrer?
Pas nécessairement. Toutefois, il peut être bon de doucher les plantes à l'eau tiède avant de les rentrer question d'enlever la grosse araignée locataire ou tout autre petite bestiole. Si après cette étape et une inspection, on constate qu'il y a toujours des insectes, on peut tailler la partie de la plante affectée ou appliquer un savon insecticide. Si il y a une infestation tenace, il vaut peut-être mieux renoncer à rentrer la plante sous peine de passer l'hiver à la traiter!
En jaune, un plectranthus magnifique, qui embellit mes balconnières et se bouture aisément.

Quelles plantes entrer?
Cela dépend de nos préférences, des soins exigés par les plantes et surtout, de l'espace intérieur qu'on possède Pour ma part, je rentre un exemplaire de chacune de mes plantes préférées et elles sont habituellement faciles d'entretien.

J'ai en ma possession un géranium dont je fais des boutures tous les ans depuis 7 ans. Je récupère les cannas de ma belle-mère. J'affectionne particulièrement mon oreille d'éléphant (Colocasia) et mon arbre de jade (Crassula) acheté aux début de ma vie de couple avec mon homme : ces plantes entrent à la maison comme des amies de longue date.
Le figuier pleureur à l'ombre du patio.

Récupéré des ordures il y a 9 ans, mon figuier pleureur (Ficus benjamina 'Variegata') est beau mais agaçant: il prend de l'ampleur chaque été et une chute de feuilles de quelques semaines est à prévoir lorsque je le rente. Par contre, une fois qu'il fait de nouvelles pousses, il embellit vraiment une pièce et cela me fait oublier ses défauts!
Aloès architecturale.

Les coléus et plectranthus sont des plantes faciles à conserver et égayent de leurs couleurs vives. Notre aloès est statuesque, quoique pratique à avoir sous la main pour les bobos de la peau.
Coléus néon et patate douce mauve.

Bref, j'aime ces plantes et je prends le temps de les rentrer chaque automne. Bien sûr, je ne peux pas toutes les récupérer puisqu'elles se sont multipliées ou ont grossit. Dans ces cas-là, je diminue la motte de racines, je fais des boutures et je pense à offrir les surplus à des amis, des collègues de bureau ou une institution en mal de verdure!
Comment faire des boutures d'annuelles? Lire Comment être un jardinier riche...en plantes!

Pour les cannas, bégonias et glaïeuls frileux, comment procéder?
Ils ont embellit vos potées et vos plates-bandes tout l'été de leurs couleurs flamboyantes: ne les jetez pas au poubelle! Il est sage et économe de récupérer les parties souterraines que sont les rhizomes de cannas, les tubercules de bégonias ou de dahlias et les cormes de glaïeuls.

Fougeuses fleurs du bégonia de Bolivie

Pour les cannas et bégonias : avant le 15 octobre ou dès que les feuillages flétrissent, par temps ensoleillé, on coupe les tiges à quelques centimètres et on déterre les parties souterraines. Pour les cannas, on les met à sécher à l'envers quelques heures pour évacuer l'eau.

On ne nettoie pas à l'eau les rhizomes et les tubercules. On les laisse plutôt sécher dans un lieu sombre, frais (4 à 10 °C) et aéré pendant 8 semaines. Après cette période de séchage, on enlève la terre et coupe les racines et tiges restantes. On entrepose finalement dans du sable sec ou de la mousse de tourbe jusqu'en mars. De temps à temps, on jette un oeil sur eux afin de détecter des signes de pourriture ou à l'inverse, de dessèchement: si tel est le cas, il faut jeter ces parties.
Dahlia 'Moonflower'

Pour les dahlias: Le grand dictionnaire de mon petit jardin informe que dès que le feuillage noircit, il est temps de déterrer les tubercules de cette plante originaire du Mexique. Ensuite, on garde la partie souterraine au sec et à l'abri du gel.
Glaïeuls.
Pour les glaïeuls: il est préférable de faire sécher les cormes alors qu'il fait encore chaud, au dessus des 20°C, voir même 27°C. Le processus peut prendre plus de 10 jours selon la température. Après le séchage, on sépare les cormes puis on les entrepose au frais (4 à 10 °C) dans un lieu aéré sur des plateaux à fond grillagé.

Entrevue avec Thomas Asselin de MicroDrips

Spécialisée dans la micro irrigation ou les systèmes d'irrigation goutte-à-goutte, MicroDrips est une entreprise que je vous fait découvrir par le biais de cette entrevue avec son propriétaire, Thomas Asselin. Cette méthode d'irriguer des cultures permet d'apporter l'eau aux plantes là où elles en ont besoin, à la bonne dose et de limiter les pertes. 

Goutteur du système de micro irrigation. Photo tirée du site de MicroDrips.

Qu'est-ce qui vous allume dans les secteurs de l'horticulture et l'agriculture? 


L'agriculture urbaine et à petite échelle, cultiver localement pour obtenir des cultures pour son usage familial. La fraicheur et la qualité des cultures sont de loin plus intéressantes que les produits en épicerie.

Avez-vous constaté une évolution dans ce domaine depuis que vous y oeuvrez? Si oui, lesquels? 


La micro irrigation se démocratise de plus en plus. Avant elle était limitée aux industries et aux agriculteurs, maintenant elle est accessible à tous.

Quelles cultures ou situations tirent le plus de bénéfices du système goutte à goutte? Plus précisément, en agriculture urbaines, quelles plantes vont adore ce genre de système?



Toutes les cultures et types de plantation, mais principalement celles en pots et en bacs, car ils sont plus sensibles à la sécheresse et aux variations d'humidité dans les sols. Entre autres, les tomates et les concombres bénéficient pleinement du potentiel du système, car elles nécessitent un arrosage régulier et précis évitant trop ou pas assez d'arrosage. Les jardinières et les petits paysagements profitent également de l’usage de la micro irrigation. 
Concombre à la verticale.
Je veux en savoir davantage sur la petite histoire de la micro irrigation

Si on veut connecter ce système avec son baril d'eau de pluie, avez-vous des astuces à partager pour que ce soit facile? 


Oui, il est possible de connecter le système avec un baril de pluie avec l'usage d'une pompe submersible afin d'obtenir une pression d'eau équivalente à celle d'un boyau d'arrosage. Intéressant pour avoir une eau de bonne qualité exempte de chlore.

 À un jardinier réticent à se procurer ce produit, que diriez-vous?


Il n'y a pas vraiment de désavantage à avoir un système d'irrigation à part l'investissement initial. Par contre, cet investissement est habituellement bas par rapport à tous les frais d'un jardin (terre, pots, plants, engrais...) et il est amorti à long terme, car le système est très durable et réutilisable longtemps.

Le distributeur d'engrais peut-il être utilisé en agriculture bio? Si oui, quel engrais recommandez-vous? 


Tous les engrais bio peuvent être utilisés avec le distributeur d'engrais. Nous recommandons l'engrais d'algues marines «Acadie» de la compagnie Distrival : biologique et québécoise. 
Il y a également le produit «Acti-Sol» qui est excellent, mais qui n'est pas liquide, donc pour application directement en sur les sols.


Finalement, parlez-nous en quelques mots d'un projet sur lequel vous avez travaillé et qui vous a enthousiasmé.


Nous travaillons régulièrement sur des projets intéressants, mais le projet dont je suis le plus fier est mon propre jardin sur le toit de mon condo. Chaque année, j'agrandis et j'améliore le système de micro-irrigation de celui-ci avec des composantes du système. Il y a maintenant 4 zones, le potager constitué de 28 gros pots, les fines herbes plantées dans 6 jardinières à balcon, 3 autres gros pots qui contiennent des plantes ornementales et un long bac avec différents végétaux qui fait office de brise vent et qui protège notre intimité. 

Photo par Thomas Asselin.

Cette année, j'ai ajouté une 2e ligne d'irrigation indépendante au système afin d'arroser des jardinières à fines herbes un étage plus bas sur les coursives du condo. Les fines herbes avaient besoin de moins d'eau que les pots à tomates, donc un 2e réseau avec une minuterie séparée ont permis d'optimiser l'arrosage des différentes zones. La prochaine étape sera l'ajout de pluviomètre afin de ne pas arroser lorsqu'il y a eu de la pluie les jours précédant l'arrosage.

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