Nommez-moi des fines herbes...

que vous ne pourriez pas vous passer de cultiver ou que vous voudriez tenter d'apprivoiser cet été.

Pour ma part, cela va comme suit:

Basilic
Je pars mes semis de basilic doux à l'intérieur au mois de mars. Cette année, j'en ai démarré en 4 temps. Il ne faut pas en manquer! Mais c'est inévitable, on en veut toujours plus pour se confectionner des pesto inoubliables. Mois de juillet: j'aime découper au ciseau de grandes feuilles de basilic un peu gaufrées pour garnir une assiette de tomates juteuses. Un soupçon de vinaigre balsamique et voilà le bonheur.
Basilic de Gênes 'Dolly'. Photo par Jasmine Kabuya Racine.
Basilic sacré (Ocimum sanctum). Photo par Jasmine Kabuya Racine.
Basilic sacré séché. Photo par Jasmine Kabuya Racine.
L'an passé, j'ai fait la découverte du basilic sacré grâce à la Société des plantes, cette herbe consacrée à Lakshmi en Inde. Fraîche, la plante n'est pas épatante à mon goût. C'est une fois séchée et utilisée en infusion que je suis tombée sous le charme. Une saveur entre la cannelle et la canne de bonbon, en version veloutée. Je vous conseille fortement sa culture  juste pour le plaisir de la boire l'automne prochain!

Aneth
Une plante que je consommais rarement à l'état frais et dont j'ai tenté la culture l'été dernier. D'abord, la plante vaut sa place au jardin pour sa stature et ses fleurs sont des aimants à pollinisateurs. Puis évidemment, pour ses feuilles fraîches qui agrémentent le poisson ou toute bonne salade de patates qui se respecte. J'aime aussi juste frotter ses feuilles entre mes doigts et humer son parfum en passant, comme ça.
Aneth 'Dukat' dans une cour d'école. Photo par Jasmine Kabuya Racine.
Persil
Un incontournable que je sème directement au jardin en début mai. Il faut toutefois être patient, car il n'est pas pressé de se lever, jusqu'à 6 semaines pour sortir de son sommeil! Mais si on suit les conseils de Lili Michaud (tremper les graines dans l'eau tiède pendant 24 heures avant le semis entre autre), ça devrait aller plus vite.

Persil. Photo par Jasmine Kabuya Racine.
Et quand il est bien touffu M. Persil, on lui fait une coupe de cheveux pour le tabouleh ou pour le spaghetti vénitien. Si on veut qu'il donne encore des feuilles, alors on ne coupe que sur le pourtour.  Si on le laisse en place, qu'on cesse de le couper en septembre et qu'on le protège un peu, il passera probablement l'hiver et fleurira l'été suivant. Récolter ses graines assure la relève. Et si un plant fleurit le premier été, il pourra revenir sous la forme de sa progéniture deux saisons plus tard comme c'est le cas dans mon jardin ce printemps!

Cerfeuil musquée
En lisant la description qu'en fait Lili Michaud dans son ouvrage Les fines herbes de la terre à la table, j'ai eu l'envie d'essayer cette vivace qu'elle décrit comme une «plante idéale à placer en arrière-plan d'une plate-bande de fines herbes ou de fleurs vivaces». Ses graines ont une «subtile saveur anisée et sucrée» qui me convainc de l'introduire chez moi dès que possible.

Périlla ou shiso
Voici une herbe un peu exotique au Québec, mais qui commence à prendre sa place. C'est Martine la banlieusarde qui avait excité ma curiosité en premier lieu. J'ai bien tenté le semis intérieur il y a quelques années, mais ce fut un échec (ben oui cela m'arrive!). Au Rendez-vous horticole du Jardin botanique en 2014, ma mère et moi achetions un plant, elle le vert, moi le rouge. La saveur des feuilles est difficile à décrire, entre le basilic, la cannelle, le poivre et la muscade. L'essayer c'est comprendre à quel point c'est indéfinissable!

En version rouge, elle mérite amplement sa place dans un aménagement, tel un coléus qui se laisse croquer. Je l'ai laissé fleurir l'an passé et je retrouve maintenant à l'endroit où elle fut, des petits bébés provenant de semis spontanés. Enfin j'ai réussi, ou presque.
Hysope en premier plan, tomates en arrière-plan et en rouge ben le périlla. Photo par Jasmine Kabuya Racine

Thym
Le thym. Un incontournable au jardin. J'aime en mettre dans mes soupes, mes vinaigrettes, mes sauces de même que dans mes infusions. Marcher nus pieds sur un tapis de thym, ça chavire les sens. Essayez cela cet été. Mon attachement à cette herbe a été provoqué lors de ma première visite au Jardin de Quatre-Vents. Tout autour de la piscine un lit de thym. Imaginez sortir d'une baignade et réveiller de ses pieds le parfum chaleureux de cette plante méditérannéenne! Vous voulez reproduire cela? Pour s'en faire de grandes superficies, vaut mieux le semer sur place.

Pieds nus dans un tapis de thym serpolet. Photo par Jasmine Kabuya Racine.
Ce n'était qu'une toute petite liste de mes fines herbes favorites amies de longues date, récemment découvertes ou à expérimenter. Et vous, quel est votre palmarès?

***
Sauge en feuille. Photo Par Jasmine Kabuya Racine.
Il y a des fines herbes qu'on aime d'emblée. D'autres qui requièrent qu'on les teste plusieurs fois ou qu'un contexte particulier, la dégustation d'un plat en voyage par exemple, nous la montre sous un jour nouveau pour que la magie opère. Ce fut le cas de la sauge pour Lili Michaud qui à force de côtoyer cette plante au jardin ou séchée au-dessus de sa tête (le bureau où elle écrivait son livre abritait plusieurs fines herbes suspendues pour être séchées) a fini par l'aimer pour ce qu'elle est. Aujourd'hui, Lili Michaud adore s'en faire des tisanes!

Le bouquin qu'il vous faut! Photo par Jasmine Kabuya Racine.
Dans son tout dernier livre Les fines herbes de la terre à la table, une petite brique de 352 pages douce au toucher, l'agronome nous invite dans le monde fascinant des fines herbes connues et moins connues. À vrai dire, on pense connaître lavande, camomille et sarriette, mais savons-vous vraiment bien les utiliser en cuisine? Savez-vous différencier l'anis vert, du fenouil, de l'aneth et du carvi? Connaissez-vous le persil racine, la pimprenelle ou le tagète luisant? Assurément l'auteure nous démontre qu'on peut encore faire des nouvelles rencontres parmi ces plantes qui agrémentent nos potagers et nos assiettes.

Nombreuses photos et informations bien vulgarisées. Photo par Jasmine Kabuya Racine.
Son livre est un gisement d'informations très bien vulgarisées sur les origines, la culture, les choix de variétés, la multiplication, la récolte, la conservation et les usages culinaires de 32 fines herbes. Le jardinier citadin appréciera la section culture en pot pour faire un choix éclairé quant aux herbes qui aimeront loger à l'étroit. Chaque portrait de plante s'achève sur une  recette de Marie-Lou Roy, souvent promesse de surprise gustative. Le tableau de la multiplication des fines herbes par semis sera sans nul doute un outil dont je vais me servir grâce à sa clarté et ses note.
Divulguer des astuces accessibles et testées au public est l'une des forces des ouvrages de Lili Michaud et dans cette cinquième publication l'auteure perpétue ce principe. Si elle écrit qu'il est difficile de garder de la menthe à l'intérieur, c'est qu'elle l'a l'essayé et le séchoir artisanal pris en photo est sa réalisation. Avec Les fines herbes de la terre à la table, nos jardins et nos plats ne seront que plus abondants et savoureux.

Les fines herbes de la terre à la table
par Lili Michaud
Édtitions Multimondes
352 pages
prix suggéré: format papier à 29,95$   format PDF à 21,99$

Commentaires

  1. Je ne peux me passer du basilic, du thym citron, et de la coriandre.

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  2. Définitivement de bonnes «drogues»! Merci du commentaire.

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  3. Ici c'est basilic, oregano, thym citron, romarin, persil, agastache.

    Merci pour ce récapitulatif du nouveau livre à Lili, tu es entrain de me convaincre de me le procurer :)

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    Réponses
    1. Merci Manon pour ton palmarès! Rien que du vrai à propos du livre: c'est un must pour ta biblio et ta cuisine (quoique tu sois une excellente chef qui maîtrise l'utilisation d'ingrédients inusités!)

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  4. Je n'avais pas pensé à ces divines herbes en termes de drogues, mais j'aime tes propos! Oui; on y est accro! À tous les repas on va piger dans les herbes pour parfumer le repas...

    À ces obligatoires s'ajoutent une bonne dizaine d'autres herbes, mais celles-là... elles sont vraiment des obligatoires incontournables.
    Je n'ai pas toujours du cari (cette année oui)... pas toujours de la coriandre viet-namienne (cette année oui) ... mais j'ai toujours les 3 "drogues" ;-)

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  5. C'est pareil ici. Dès que le printemps est là, je vais piger dans mon «garde-manger» de fines herbes vivaces ou annuelles qui se ressèment dans le jardin. Que tes récoltes soient abondantes cette année!

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  6. Pour ma part, j'aime bien la livèche, facile à cultiver, assez imposante, mais un bon dépanneur. On aime le goût du celeri, on en découpe un peu dans la salade. Un restant de poulet, hop dans l'eau avec un oignon et des feuilles de livèche, voilà un bouillon vite fait. J'allais oublier la monarde, après avoir attirer les colibris, les feuilles sont fantastiques en infusion.

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    1. Bonjour Duker! Je suis contente que tu parles de la livèche. Oui, c'est comme un céleri vivace avec beaucoup de corps! La monarde a aussi sa place, elle est si aromatique. À bientôt!

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